La pubalgie est la hantise des footballeurs, des rugbymen et des hockeyeurs : une douleur de l'aine ou du pubis qui s'installe insidieusement, résiste au repos simple et peut compromettre une saison entière. Selon les études épidémiologiques menées sur les clubs professionnels européens (suivi UEFA, Ekstrand et coll.), les douleurs de l'aine représentent environ une blessure sur dix au football, avec un pic en début de saison et à la reprise après la trêve.
Source : Ekstrand J. et coll., UEFA Elite Club Injury Study, British Journal of Sports Medicine.
Bien prise en charge, la pubalgie guérit pourtant dans la grande majorité des cas sans chirurgie. Ce guide de kiné du sport détaille les 3 formes de pubalgie, les symptômes qui doivent alerter, le protocole de rééducation en 4 phases avec exercices concrets, les critères de retour au sport et la prévention des rechutes.
TL;DR — l'essentiel à retenir
- La pubalgie regroupe 3 formes : tendinopathie des adducteurs (la plus fréquente), forme pariéto-abdominale, ostéo-arthropathie pubienne.
- Signes d'alerte : douleur d'aine ou de pubis aux changements de direction, frappes, sprints, puis dans la vie quotidienne.
- Durée : 6 à 12 semaines si prise en charge tôt, 3 à 6 mois pour les formes chroniques.
- Traitement de référence : rééducation active en 4 phases (protocole type Hölmich), pas le repos total.
- Retour au sport validé par des critères objectifs (force des adducteurs, tests de terrain indolores), pas par un simple délai.
Une douleur d'aine qui traîne à l'entraînement ?
Nos kinésithérapeutes du sport réalisent un bilan complet et un protocole de rééducation personnalisé au cabinet KinéO2 au Perreux-sur-Marne.
Qu'est-ce qu'une pubalgie ? Les 3 formes à connaître
La pubalgie est une douleur de la région du pubis et de l'aine, liée à une souffrance des muscles, tendons ou articulations qui s'insèrent sur le bassin, déclenchée ou aggravée par le sport. Ce n'est pas une maladie unique mais un terme parapluie : le consensus international de Doha (2015), qui fait référence en médecine du sport, classe ces douleurs selon la structure en cause. En pratique de cabinet, on retient trois tableaux principaux, parfois associés chez le même sportif.
1. La tendinopathie des adducteurs : la forme la plus fréquente
Les adducteurs — muscles de la face interne de la cuisse, en particulier le long adducteur — s'insèrent sur le pubis par un tendon très sollicité lors des frappes, changements de direction et tacles. Leur surmenage crée une tendinopathie d'insertion : douleur précise à la palpation du haut de la face interne de la cuisse, réveillée quand on serre les genoux contre résistance. C'est la forme la plus courante chez le footballeur.
2. La forme pariéto-abdominale : la paroi qui lâche
Ici, la souffrance siège sur la paroi abdominale basse : insertion des grands droits et des obliques, zone du canal inguinal (la « hernie du sportif », sans vraie hernie visible). La douleur se situe au-dessus du pubis et s'accentue à la toux, aux abdominaux et lors des sprints. C'est la forme qui conduit le plus souvent à un avis chirurgical en cas d'échec de la rééducation.
3. L'ostéo-arthropathie pubienne : la symphyse en souffrance
La symphyse pubienne, articulation quasi immobile qui relie les deux os du pubis, souffre des microtraumatismes répétés : cisaillements à chaque appui, impacts, déséquilibres de bassin. La douleur est centrale, sur le pubis lui-même, souvent bilatérale, majorée par la course et les impacts. C'est la forme la plus longue à guérir.
| Forme | Siège de la douleur | Geste qui réveille la douleur | Profil type |
|---|---|---|---|
| Tendinopathie des adducteurs | Haut de la face interne de la cuisse | Serrage des genoux contrarié, frappe de balle, changement de direction | Footballeur, futsal, hockey |
| Pariéto-abdominale | Au-dessus du pubis, région inguinale | Toux, abdominaux, redressement du buste, sprint | Rugby, sprint, sports de combat |
| Ostéo-arthropathie pubienne | Centre du pubis, souvent des deux côtés | Course, impacts, appui unipodal prolongé | Coureur, sports à gros volume d'appuis |
Source : Doha agreement meeting on terminology and definitions in groin pain in athletes, British Journal of Sports Medicine, 2015.
Quels sont les signes d'une pubalgie ?
Une pubalgie se reconnaît à une douleur de l'aine ou du pubis qui apparaît d'abord après le sport, puis pendant l'effort, puis dans les gestes du quotidien. Elle est typiquement déclenchée par les changements de direction, les frappes, les sprints, la toux ou les redressements du buste.
L'évolution se fait classiquement en trois stades, et c'est ce qui rend la pubalgie piégeuse :
- Stade 1 : douleur uniquement après l'effort, qui disparaît en un à deux jours.
- Stade 2 : douleur à l'échauffement, qui « se réchauffe » puis revient plus forte après l'effort.
- Stade 3 : douleur permanente, présente à la marche, dans les escaliers, à la toux. Le sport devient impossible.
Consulter au stade 1 ou 2 change tout : la rééducation est alors courte et le retour au sport rapide. Notre article quand consulter un kiné du sport après une blessure détaille les signaux qui doivent décider à prendre rendez-vous.
Autodiagnostic d'orientation : 3 tests simples
Ces trois auto-tests permettent de s'orienter vers l'une des trois formes. Ils ne remplacent en aucun cas l'examen d'un médecin ou d'un kinésithérapeute, indispensable pour confirmer le diagnostic.
- Test des adducteurs : allongé sur le dos, genoux pliés, serrez fort un ballon entre les genoux 5 secondes. Une douleur nette à la face interne de la cuisse oriente vers la forme adducteurs.
- Test de la paroi abdominale : allongé jambes tendues, décollez la tête et les épaules du sol. Une douleur au-dessus du pubis oriente vers la forme pariéto-abdominale.
- Test de la symphyse : une douleur à la pression du centre du pubis et aux sautillements sur une jambe oriente vers l'ostéo-arthropathie pubienne.
Ne pas confondre : les diagnostics différentiels
Toute douleur d'aine n'est pas une pubalgie. Le bilan médical élimine une vraie hernie inguinale, un conflit ou une arthrose de hanche, une fracture de fatigue du col fémoral chez le coureur à gros volume, ou une douleur projetée depuis les lombaires — le bas du dos peut irradier vers l'aine, comme nous l'expliquons dans notre article sur la lombalgie et son traitement par kiné et balnéothérapie. Certains signes imposent par ailleurs une consultation médicale rapide : douleur nocturne insomniante, fièvre, douleur brutale après un craquement, troubles urinaires ou digestifs associés.
Source : Ameli.fr (Assurance Maladie), Pubalgie : symptômes, causes et facteurs favorisants.
Quelles sont les causes de la pubalgie ?
La pubalgie naît d'un déséquilibre mécanique autour du pubis : des adducteurs puissants et surmenés tirent vers le bas, une sangle abdominale relativement plus faible tire vers le haut, et la symphyse pubienne encaisse les cisaillements. Quand la charge d'entraînement dépasse les capacités d'adaptation de ces tissus, la douleur s'installe.
Les facteurs favorisants les mieux identifiés sont :
- L'augmentation trop rapide de la charge d'entraînement : reprise après la trêve, stage de préparation, enchaînement de matchs. C'est le même mécanisme de surcharge que dans les tendinites du coureur à pied : le tendon s'adapte plus lentement que le muscle.
- Un déficit de force des adducteurs par rapport aux abducteurs : le facteur de risque le plus documenté en médecine du sport.
- Un gainage insuffisant : une sangle abdominale faible laisse le bassin basculer à chaque appui et surcharge la symphyse.
- Un manque de mobilité de hanche, qui reporte les contraintes de rotation sur le pubis.
- Les gestes répétés à haute intensité : changements de direction, frappes, tacles, décélérations brutales.
- Le terrain et le matériel : surfaces dures ou grasses, crampons inadaptés.
Ce cocktail explique les pics de pubalgie à chaque début de saison de football : des joueurs qui reprennent fort, sur des organismes désentraînés, avec des adducteurs non renforcés pendant l'été.
Combien de temps dure une pubalgie ?
Prise en charge tôt, une pubalgie guérit le plus souvent en 6 à 12 semaines de rééducation active. Installée depuis plusieurs mois, elle demande fréquemment 3 à 6 mois de traitement, car les tendons d'insertion et l'os pubien cicatrisent lentement.
Trois facteurs conditionnent la durée :
- L'ancienneté des symptômes : le facteur pronostique numéro un. Une douleur de 3 semaines ne se traite pas comme une douleur qui traîne depuis 8 mois.
- La forme en cause : les tendinopathies d'adducteurs récentes répondent vite au renforcement ; l'ostéo-arthropathie pubienne est la plus lente à régresser.
- L'observance du programme : des exercices sont à réaliser plusieurs fois par semaine, y compris à la maison. Un programme suivi irrégulièrement allonge nettement la durée de la rééducation.
À titre de repère, le protocole de renforcement actif de référence, publié par l'équipe de Per Hölmich dans The Lancet, dure 8 à 12 semaines et a permis un retour au sport dans près de 80 % des cas de pubalgie chronique des adducteurs, contre une minorité avec les seuls traitements passifs.
Source : Hölmich P. et coll., Effectiveness of active physical training as treatment for long-standing adductor-related groin pain in athletes, The Lancet, 1999.
Comment guérir d'une pubalgie ? Le protocole kiné en 4 phases
Le traitement de référence de la pubalgie est la rééducation active chez un kinésithérapeute : calmer la douleur sans arrêt total, renforcer progressivement les adducteurs et la sangle abdominale, puis réathlétiser jusqu'au retour au sport validé par des tests. Le repos complet seul ne guérit pas la pubalgie : il soulage tant qu'il dure, et la douleur revient à la reprise.
Voici le protocole en 4 phases utilisé en cabinet, inspiré du protocole Hölmich. Les durées sont indicatives : on passe à la phase suivante sur des critères cliniques, pas sur le calendrier.
Phase 1 (semaines 1 à 3) : calmer la douleur sans tout arrêter
Objectif : faire redescendre l'irritabilité des tissus tout en maintenant la condition physique.
- Repos sportif relatif : suspension des gestes douloureux (sprints, changements de direction, frappes), maintien du vélo, du crawl et du renforcement du haut du corps.
- Isométrie douce des adducteurs : serrage d'un ballon entre les genoux, 5 fois 10 secondes, tous les jours. L'isométrie a un effet antalgique documenté sur les tendinopathies.
- Techniques manuelles : massages des adducteurs et du psoas, mobilités de hanche et de bassin.
- Ondes de choc si tendinopathie chronique : sur les formes adducteurs anciennes, elles complètent les exercices. Le cabinet KinéO2 en est équipé.
Phase 2 (semaines 3 à 6) : renforcement progressif des adducteurs
C'est le cœur du traitement, directement issu du protocole type Hölmich : reconstruire la force des adducteurs et des abdominaux par une progression graduée, 3 séances par semaine.
- Isométrie en montée de charge : serrages de ballon genoux pliés puis jambes tendues, jusqu'au serrage maximal indolore.
- Concentrique : adductions contre élastique debout ou à la poulie basse, 3 séries de 10 à 15 répétitions.
- Excentrique des adducteurs : l'exercice clé est l'adduction de Copenhague progressive — en appui latéral sur l'avant-bras, jambe supérieure posée sur un banc (au genou d'abord, à la cheville ensuite), on soulève le bassin et la jambe inférieure. Débuter par 2 séries de 6 par côté, 2 fois par semaine.
- Abdominaux fonctionnels : dead bug, relevés de buste courts, obliques sans douleur.
Phase 3 (semaines 6 à 9) : gainage, chaînes croisées et contrôle du bassin
Une fois la force de base retrouvée, on apprend au bassin à rester stable sous contrainte : c'est le meilleur rempart contre la récidive.
- Gainage ventral et latéral dynamique : planches avec transferts d'appuis, planche latérale avec abduction — le gainage est l'exercice anti-pubalgie par excellence.
- Chaînes croisées : exercices associant épaule et hanche opposées (pallof press en fente, tirages d'élastique en rotation), qui reproduisent le geste sportif.
- Contrôle lombo-pelvien : squats et fentes avec bassin neutre, proprioception en appui unipodal.
- Mobilité de hanche : rotations et extension pour décharger la symphyse.
Phase 4 (semaines 9 à 12) : réathlétisation et critères de retour au sport
Dernière étape : réintroduire progressivement la course puis les gestes du sport pratiqué, sur un plateau de réathlétisation encadré — accélérations, décélérations, changements de direction programmés puis réactifs, pliométrie, frappes croissantes. C'est le travail mené sur le plateau technique de notre cabinet de kinésithérapie du sport au Perreux-sur-Marne.
Le retour à l'entraînement collectif puis à la compétition est validé par des critères objectifs, jamais par un simple délai :
- Palpation des insertions et serrage maximal des genoux indolores ;
- Force des adducteurs récupérée à au moins 90 % du côté sain ;
- Sprints, changements de direction et frappes à intensité maximale sans douleur, ni pendant ni dans les 24 heures qui suivent ;
- Volume d'entraînement complet toléré pendant une à deux semaines.
Sur une forme très douloureuse, certains exercices peuvent débuter en décharge dans l'eau : le bassin de 50 m² chauffé à 32 °C du cabinet Kinéau Balnéothérapie permet de réintroduire appuis et marche active sans réveiller la douleur.
Un protocole pubalgie encadré du bilan au retour au terrain
Bilan de force, renforcement progressif, ondes de choc si besoin et réathlétisation sur plateau technique : nos kinés du sport vous accompagnent à chaque phase.
Quand envisager la chirurgie de la pubalgie ?
La chirurgie ne concerne qu'une minorité de pubalgies : celles qui résistent à un traitement conservateur bien conduit pendant au moins 3 à 6 mois, le plus souvent des formes pariéto-abdominales. Elle n'est jamais le traitement de première intention.
Selon la forme, le chirurgien peut proposer un renforcement de la paroi inguinale ou, plus rarement, une ténotomie partielle des adducteurs. Dans tous les cas, l'opération n'est que la moitié du chemin : une rééducation post-opératoire structurée de 2 à 4 mois conditionne le retour au sport. Notre page rééducation post-chirurgie à Paris détaille cet accompagnement, du lendemain de l'intervention jusqu'à la réathlétisation.
La pubalgie chez la femme et pendant la grossesse
La pubalgie du sportif touche aussi les femmes, en particulier au football, au handball ou au basket, même si elle reste statistiquement plus fréquente chez les hommes. Le bilan et le traitement kiné sont identiques, avec une attention particulière portée au plancher pelvien, qui participe à la stabilité du bassin.
Encadré — douleur pubienne de la femme enceinte : une autre entité
Pendant la grossesse, une douleur du pubis est fréquente, surtout au troisième trimestre : on parle de symphysalgie. Elle n'est pas liée au sport mais au relâchement ligamentaire hormonal (relaxine) et au poids de l'utérus, qui augmentent la mobilité de la symphyse pubienne. Le traitement repose sur la kinésithérapie douce, parfois une ceinture de soutien pelvienne, et l'adaptation des activités ; ces douleurs régressent le plus souvent après l'accouchement. Parlez-en à votre sage-femme ou à votre médecin.
Comment prévenir la pubalgie ?
La prévention de la pubalgie repose sur un principe simple : des adducteurs forts et un tronc stable encaissent la charge à la place de la symphyse. Un seul exercice bien choisi, pratiqué toute la saison, réduit déjà nettement le risque.
- L'adduction de Copenhague en routine : intégré à l'échauffement 2 à 3 fois par semaine, cet exercice a réduit d'environ 40 % les blessures de l'aine chez des footballeurs dans un essai randomisé de grande ampleur.
- Un gainage régulier : 2 séances de 10 minutes par semaine suffisent en entretien.
- Une reprise progressive après chaque trêve : augmenter le volume par paliers (10 à 20 % par semaine maximum), en réintroduisant frappes et changements de direction en dernier.
- Entretenir la mobilité de hanche et corriger toute douleur d'aine naissante plutôt que de « jouer avec ».
Pour poursuivre ce travail de renforcement en dehors des séances de kiné, nos cabinets travaillent en lien avec la salle sport-santé Maison du Peps au Perreux-sur-Marne, où le coaching est adapté aux sportifs en prévention ou en sortie de rééducation.
Source : Harøy J. et coll., The Adductor Strengthening Programme prevents groin problems among male football players, British Journal of Sports Medicine, 2019.
Consulter un kiné du sport à Paris ou au Perreux
Notre réseau Kinés Paris compte 5 cabinets de kinésithérapie en Île-de-France, avec une filière dédiée au sportif. Pour la pubalgie, le parcours type associe bilan initial, renforcement encadré, ondes de choc si l'indication le justifie et réathlétisation sur plateau technique.
KinéO2 — Kinésithérapie du sport au Perreux-sur-Marne (94)
Notre cabinet de référence pour la rééducation du sportif : plateau de réathlétisation avec espalier et échelle d'agilité, plateau cardio (vélo, elliptique, tapis de course, presse à cuisses) et appareil d'ondes de choc. L'équipe est spécialisée en rééducation post-traumatique, prévention des blessures et réathlétisation. Voir la page du cabinet KinéO2.
Nos cabinets parisiens
- Kinés Paris Marais (75003) : 20 Rue des Gravilliers, métro Arts et Métiers. Voir la page
- Kinés Paris Oberkampf (75011) : 160 Rue Oberkampf, métro Oberkampf. Voir la page
- Kinés Paris Alésia (75014) : 31 Rue d'Alésia, métro Alésia. Voir la page
L'ensemble de nos prises en charge — kiné du sport, balnéothérapie, rééducation post-opératoire — est détaillé sur notre page services de kinésithérapie et balnéothérapie à Paris.
Ne laissez pas la pubalgie s'installer
Plus la prise en charge est précoce, plus la rééducation est courte. Bilan kiné du sport, protocole personnalisé et retour au terrain validé par des tests objectifs.
Avertissement médical : Cet article est à visée informative et ne remplace en aucun cas l'avis de votre médecin ou de votre kinésithérapeute. Les auto-tests décrits sont des outils d'orientation, pas des outils de diagnostic. Les durées et exercices présentés sont des moyennes issues de la littérature de médecine du sport (consensus de Doha, protocole Hölmich) : chaque protocole de rééducation doit être individualisé en fonction du diagnostic précis, du sport pratiqué et de l'évolution clinique. Consultez toujours un professionnel de santé avant de débuter un programme d'exercices sur une douleur persistante.
Questions fréquentes sur la pubalgie
Tout ce que les sportifs nous demandent le plus souvent au cabinet à propos de la pubalgie.
Une pubalgie se manifeste par une douleur du pubis ou de l'aine, qui apparaît d'abord après le sport, puis pendant l'effort, puis dans la vie quotidienne. Selon la forme, la douleur siège à la face interne de la cuisse (adducteurs), au-dessus du pubis (paroi abdominale) ou au centre du pubis (symphyse pubienne). Elle est réveillée par les changements de direction, les frappes de balle, la toux ou les redressements du buste. Une douleur d'aine qui persiste plus de deux semaines chez un sportif doit faire consulter.
Une pubalgie prise en charge tôt guérit généralement en 6 à 12 semaines avec un programme de rééducation actif. Les formes installées depuis plusieurs mois demandent souvent 3 à 6 mois de traitement, car les tendons et la symphyse pubienne cicatrisent lentement. Le protocole de renforcement de référence (type Hölmich) dure 8 à 12 semaines. Plus la douleur est ancienne au moment de la première consultation, plus la rééducation est longue : consulter tôt est le meilleur moyen de raccourcir la durée.
Le traitement de référence de la pubalgie est la rééducation active chez un kinésithérapeute : repos sportif relatif, puis renforcement progressif des adducteurs (isométrique, concentrique, puis excentrique), gainage abdominal et travail des chaînes croisées, et enfin réathlétisation avec course et changements de direction. Un essai publié dans The Lancet (Hölmich, 1999) a montré qu'un programme actif de ce type permet un retour au sport dans près de 80 % des cas de pubalgie des adducteurs. La chirurgie n'est envisagée qu'en cas d'échec d'un traitement conservateur bien conduit.
La pubalgie résulte d'un déséquilibre entre des adducteurs très sollicités et une sangle abdominale insuffisamment forte, sur fond de surcharge d'entraînement. Les facteurs favorisants sont l'augmentation trop rapide du volume d'entraînement, un déficit de force des adducteurs, un manque de mobilité de hanche, un gainage insuffisant, les changements de direction et frappes répétés, et une reprise mal préparée après une trêve. Le football, le rugby et le hockey sont les sports les plus concernés.
Un arrêt total n'est pas systématique, mais continuer à jouer malgré la douleur aggrave la pubalgie et la fait passer à la chronicité. La règle utilisée en rééducation est celle du repos sportif relatif : maintenir les activités qui ne déclenchent pas de douleur (vélo, natation en crawl, renforcement guidé) et suspendre les gestes douloureux (sprints, changements de direction, frappes). Votre kinésithérapeute ajuste la charge d'entraînement semaine après semaine en fonction des symptômes.
Oui. La pubalgie du sportif touche aussi les femmes, notamment dans les sports de changements de direction comme le football ou le handball, même si elle reste plus fréquente chez les hommes. Chez la femme enceinte, la douleur pubienne est en revanche une entité différente : il s'agit le plus souvent d'une douleur de la symphyse pubienne liée au relâchement ligamentaire hormonal et au poids du bébé. Elle se traite par kinésithérapie douce et adaptation des activités, en lien avec la sage-femme ou le médecin.