Chevilles qui disparaissent en fin de journée, bagues qui serrent, jambes qui pèsent dès le milieu de l'après-midi : le gonflement fait partie des désagréments les plus fréquents de la grossesse. Et l'idée d'un drainage lymphatique vient vite, souvent soufflée par une amie, un institut ou une vidéo sur les réseaux sociaux.
Ce guide, écrit par des masseurs-kinésithérapeutes, répond aux questions concrètes (moment de la grossesse, zones à éviter, position, signes d'alerte, ce qui soulage le mieux, après l'accouchement) et dit clairement ce que l'on ne sait pas.
Peut-on faire un drainage lymphatique enceinte ?
Oui, dans la plupart des grossesses qui se déroulent normalement, un drainage lymphatique manuel doux est possible, à condition d'avoir l'accord du médecin ou de la sage-femme qui suit la grossesse et d'avoir écarté une cause qui relève d'un traitement médical (prééclampsie, phlébite). Il peut soulager la sensation de jambes lourdes, mais aucune étude solide ne montre qu'il dégonfle mieux que la compression, la marche ou la surélévation des jambes.
Trois nuances comptent plus que la réponse elle-même.
- Il n'existe pas de recommandation officielle sur ce sujet. Ni la Haute Autorité de santé (activité physique et grossesse, 2019) ni le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (post-partum, 2015) ne recommandent ou ne déconseillent le drainage lymphatique : la prudence vient du bon sens clinique.
- Les études sont rares et petites. Le seul essai randomisé que nous avons trouvé sur le drainage manuel chez des femmes enceintes souffrant d'œdème portait sur 49 femmes (30 contre 19) ; il a mesuré la douleur et la qualité de vie liée à l'incontinence urinaire, en comparaison avec un massage du périnée, pas le volume des jambes.
- Le vrai risque n'est pas le geste, c'est le diagnostic manqué. Masser une jambe gonflée par une phlébite, ou « drainer » un visage gonflé par une prééclampsie, retarde une prise en charge urgente : l'avis médical passe donc avant la séance.
Si vous vous demandez de façon plus générale quand le drainage est déconseillé, notre article sur les dangers, contre-indications et effets secondaires du drainage lymphatique fait le tour de la question.
Sources : HAS, référentiel de prescription d'activité physique pendant la grossesse et en post-partum, juillet 2019 ; CNGOF, RPC post-partum, 2015 ; de la Cueva-Reguera et al., Int Wound J, 2020.
Pourquoi les jambes gonflent-elles pendant la grossesse ?
Pendant la grossesse, l'utérus comprime les veines du bassin et la veine cave, les hormones rendent les parois veineuses plus souples et le volume de sang augmente : le retour du sang et de la lymphe vers le cœur ralentit, et du liquide s'accumule dans les tissus des chevilles et des pieds. Ce gonflement, appelé œdème, est le plus souvent bénin : il apparaît en fin de journée et augmente avec la chaleur.
Pour l'Assurance Maladie, « le fait d'être enceinte exerce une compression sur les veines des membres inférieurs, amplifiant le phénomène de jambes lourdes ». La HAS précise qu'à partir de la seconde moitié de la grossesse, l'utérus peut comprimer la veine cave quand la femme est allongée sur le dos.
Rétention d'eau, jambes lourdes, varices : trois choses différentes
- La rétention d'eau de la grossesse (l'œdème) se voit : la cheville s'efface, la peau garde la marque de la chaussette. Elle touche les deux jambes, surtout le soir, et diminue après une nuit allongée.
- Les jambes lourdes se ressentent : pesanteur, fourmillements, besoin de bouger les jambes. Elles peuvent exister sans gonflement visible. Voir notre article sur les jambes lourdes et gonflées, en dehors de la grossesse.
- Les varices sont des veines dilatées et visibles. Selon l'Assurance Maladie, la compression est le seul traitement possible des varices qui apparaissent pendant la grossesse.
Le drainage lymphatique agit sur la circulation de la lymphe dans les tissus superficiels. Il ne change rien à la compression exercée par l'utérus, qui persiste jusqu'à l'accouchement : c'est pour cela que son effet, quand il existe, reste temporaire.
Sources : Ameli, « Jambes lourdes : symptômes, causes et facteurs favorisants », mis à jour le 18 mars 2026 ; Ameli, « Traitement des varices des jambes », 16 mars 2026 ; HAS, référentiel activité physique et grossesse, juillet 2019.
Drainage lymphatique enceinte : trimestre par trimestre
Aucun texte officiel ne fixe de trimestre autorisé ou interdit. En pratique, le drainage a peu d'intérêt au premier trimestre, avant que l'utérus ne gêne le retour veineux ; il peut être envisagé au deuxième et surtout au troisième trimestre, quand l'œdème s'installe, pour le confort, sans preuve qu'il dégonfle. Dès le deuxième trimestre, la séance se fait sur le côté ou demi-assise, et la vigilance vis-à-vis des signes de prééclampsie augmente après la 20e semaine.
| Période | Ce qui se passe | Drainage ? | Précautions |
|---|---|---|---|
| 1er trimestre | Les hormones et le volume sanguin changent déjà, mais l'utérus, encore petit, ne comprime pas les veines du bassin. | Rarement utile. Aucune étude n'en a évalué la sécurité à ce stade. | Parlez-en d'abord à votre médecin ou à votre sage-femme ; un gonflement précoce et inhabituel mérite un avis médical. |
| 2e trimestre | L'utérus grossit et commence à gêner le retour veineux ; les jambes lourdes apparaissent souvent. | Possible si la grossesse se déroule normalement. | Dès ce trimestre, pas de position prolongée à plat sur le dos : séance sur le côté ou demi-assise. À partir de la 20e semaine, connaître les signes de prééclampsie. |
| 3e trimestre | L'utérus est au plus gros : c'est souvent là que l'œdème des chevilles gêne le plus, surtout en été. | C'est là qu'il est le plus demandé, pour le confort, en complément de la compression. | Séance sur le côté ou demi-assise ; tout gonflement brutal, du visage ou d'un seul mollet, passe avant la séance. |
Pourquoi tant de sites disent « pas au premier trimestre »
Nous n'avons trouvé aucune source médicale qui démontre un danger du drainage au premier trimestre, ni son innocuité : la question n'a pas été étudiée. Comme l'utérus ne gêne pas encore le retour veineux, le drainage apporte peu et l'abstention ne fait rien perdre. C'est une précaution raisonnable, pas une interdiction.
Si votre grossesse est suivie de près
Hypertension, prééclampsie antérieure, grossesse gémellaire, menace d'accouchement prématuré, antécédent de phlébite ou d'embolie pulmonaire, trouble de la coagulation, maladie du cœur ou des reins : dans ces situations, ne commencez aucun drainage sans l'accord explicite de l'équipe qui suit votre grossesse. La fiche de la HAS sur l'activité physique pendant la grossesse conseille d'ailleurs une consultation obstétricale avant de commencer une activité physique en cas de complication ; la même logique s'applique à un soin manuel.
Sources : HAS, fiche « Grossesse : l'activité physique pour votre santé », décembre 2022 ; Ameli, « Pré-éclampsie : circonstances de découverte, symptômes, diagnostic », mis à jour le 24 juillet 2025.
Quelles zones éviter, et dans quelle position faire la séance ?
Pendant la grossesse, le kinésithérapeute ne pratique aucune manœuvre profonde sur le ventre, ne masse jamais un mollet douloureux, chaud ou gonflé d'un seul côté avant un avis médical, et n'appuie pas directement sur des varices marquées. Dès le deuxième trimestre, la séance se fait sur le côté ou demi-assise plutôt qu'à plat sur le dos, et c'est impératif à partir de la 24e semaine d'aménorrhée.
Le ventre : pas de manœuvre profonde
Certains protocoles de drainage comprennent des pressions abdominales profondes, rythmées par la respiration. Leur innocuité pendant la grossesse n'a jamais été étudiée : par précaution, elles ne sont pas pratiquées. Un effleurage très léger de la peau du ventre n'a rien à voir avec ces manœuvres, mais il n'a pas non plus d'effet démontré sur le gonflement des jambes.
Le mollet et les varices
Un mollet douloureux, chaud, dur ou plus gros que l'autre ne se masse pas : c'est le tableau d'une phlébite possible, et la grossesse comme le post-partum sont des facteurs de risque reconnus par l'Assurance Maladie. Sur des varices marquées, le kiné évite les appuis directs. Une peau lésée, infectée ou très irritée n'est pas non plus une zone de drainage.
La position : sur le côté ou demi-assise dès le deuxième trimestre
La HAS explique qu'à partir de la seconde moitié de la grossesse, en position allongée sur le dos, « l'utérus peut comprimer la veine cave et limiter ainsi le retour veineux » avec une chute de la pression artérielle : c'est le syndrome cave. Elle demande d'éviter les exercices allongée sur le dos après la 24e semaine d'aménorrhée, et, dans son tableau de prescription, d'« éviter la position couchée sur le dos ou debout prolongée après la 16e semaine de grossesse ». Ce seuil de 24 semaines vise des exercices, qui sont brefs ; une séance de drainage impose au contraire une position immobile et prolongée. Nous retenons donc le seuil le plus prudent : dès le deuxième trimestre, la séance se fait allongée sur le côté, avec des coussins, ou demi-assise, et c'est impératif après 24 semaines d'aménorrhée. Si vous vous sentez mal, avec des vertiges, des nausées ou des palpitations, dites-le immédiatement : vous tourner sur le côté gauche suffit en général à faire disparaître les symptômes. Pour la nuit, le service de santé britannique (NHS) conseille de s'endormir sur le côté, gauche ou droit, à partir de 28 semaines.
Le déroulé d'une séance adaptée
Les pressions sont lentes et très légères, jamais douloureuses. Le kiné commence près des ganglions de l'aine, puis remonte progressivement depuis la cheville, comme pour vider la jambe par le haut. La séance est plus courte si la position devient inconfortable. Avant la première séance, il vérifie que le gonflement touche bien les deux jambes, qu'il n'est ni brutal ni douloureux, et vous interroge sur votre tension et votre suivi de grossesse.
Sources : HAS, référentiel de prescription d'activité physique pendant la grossesse et en post-partum, juillet 2019 ; Ameli, « Phlébite : définition et facteurs favorisants », mis à jour le 18 mars 2026 ; Krywko et King, « Aortocaval Compression Syndrome », StatPearls, 7 août 2023 ; NHS, « Reducing the risk of stillbirth », revu le 24 avril 2024.
Les signes qui imposent de consulter avant tout drainage
Un gonflement qui apparaît brutalement, qui touche le visage ou les mains, qui s'accompagne de maux de tête, de troubles de la vue ou de douleurs dans le haut du ventre, ou qui ne concerne qu'un seul mollet, douloureux et chaud, n'est pas de la rétention d'eau ordinaire : il faut consulter en urgence, pas masser.
Consultez en urgence, avant tout drainage, si vous êtes enceinte ou venez d'accoucher et que vous avez :
- un gonflement brutal du visage, des mains ou des pieds, ou une prise de poids rapide en quelques jours ;
- des maux de tête, des troubles de la vue (vision trouble ou double, taches lumineuses, gêne à la lumière), des bourdonnements d'oreilles ;
- une douleur « en barre » dans le haut du ventre, des nausées ou des vomissements, des urines qui diminuent ;
- une jambe ou un mollet gonflé d'un seul côté, douloureux, rouge ou chaud, avec ou sans fièvre (phlébite ou infection de la peau comme l'érysipèle) ;
- un essoufflement ou une douleur dans la poitrine : appelez le 15.
Après la 20e semaine d'aménorrhée, les quatre premiers points peuvent être les signes d'une prééclampsie, pour laquelle l'Assurance Maladie demande de consulter en urgence ; le NHS cite aussi le gonflement soudain des mains et des pieds. Une hypertension peut encore apparaître dans les semaines qui suivent l'accouchement. Une jambe gonflée d'un seul côté, douloureuse, rouge et chaude évoque une phlébite (thrombose veineuse) ou un érysipèle (infection de la peau), et un essoufflement brutal une possible embolie pulmonaire. Dans tous ces cas, le drainage est à proscrire tant qu'un médecin n'a pas fait le diagnostic.
À l'inverse, des chevilles gonflées des deux côtés, surtout le soir et par temps chaud, qui dégonflent pendant la nuit, correspondent à l'œdème habituel de la grossesse : mesures simples et compression, à signaler à la prochaine consultation. Dans le doute, appelez la maternité.
Sources : Ameli, « Pré-éclampsie : circonstances de découverte, symptômes, diagnostic et évolution », mis à jour le 24 juillet 2025 ; NHS, « Pre-eclampsia », revu le 23 mars 2026 ; Ameli, « Phlébite : symptômes et diagnostic » ; HAS, fiche « Grossesse : l'activité physique pour votre santé », décembre 2022.
Contention, marche, surélévation : qu'est-ce qui dégonfle le mieux ?
Les bas de compression sont la mesure la mieux étayée contre le gonflement des jambes pendant la grossesse, et ils sont remboursés sur prescription. La marche, la surélévation des jambes, l'eau fraîche et le fait d'éviter la chaleur et la station debout prolongée complètent le traitement. Le drainage lymphatique peut soulager, mais il n'a pas démontré qu'il dégonflait davantage.
| Mesure | Ce qui a été montré | Notre lecture |
|---|---|---|
| Bas de compression | Essai randomisé de 60 femmes enceintes : le tour de mollet et de cheville a nettement moins augmenté avec les bas (Saliba-Júnior, 2022). Un essai plus ancien de 35 femmes, cité par la revue Cochrane, n'a pas trouvé de différence de volume entre compression et repos. | Preuves limitées, mais les plus favorables. C'est aussi le seul traitement des varices de la grossesse selon l'Assurance Maladie. |
| Immersion dans l'eau | Un essai de 32 femmes : 20 minutes d'immersion en piscine réduisent le volume des jambes (Cochrane, 2015). | Prometteur, sur un très petit effectif. |
| Réflexologie plantaire | Un essai de 55 femmes : symptômes liés à l'œdème diminués (Cochrane, 2015). | Un seul petit essai : à confirmer. |
| Massage des pieds | Un essai de 80 femmes : pas de différence notable de circonférence des jambes par rapport aux soins habituels (Cochrane, 2015). | Agréable, pas d'effet mesuré sur le volume. |
| Drainage lymphatique manuel | Un essai de 49 femmes avec œdème gestationnel (30 contre 19) : douleur plus faible qu'avec un massage du périnée, de la 25e semaine à la fin des suites de couches ; qualité de vie mesurée sur l'incontinence urinaire (de la Cueva-Reguera, 2020). Le volume des jambes n'est pas rapporté. | Un seul petit essai, sans groupe sans traitement : à confirmer ; aucune preuve qu'il dégonfle. |
La revue Cochrane de 2015, qui a rassemblé 7 essais et 326 femmes, juge les preuves insuffisantes sur les traitements des varices et de l'œdème des jambes pendant la grossesse : les rares résultats favorables reposent sur de petits essais. Voici donc ce qui a le meilleur rapport entre efficacité probable, sécurité et coût.
La compression, en premier
Des bas, chaussettes ou collants de compression enfilés le matin, avant que la jambe ne gonfle, et retirés au coucher. Ils sont remboursés sur prescription, et la sage-femme fait partie des professionnels autorisés à les prescrire, au même titre que le médecin. La classe de compression et le modèle se choisissent avec le prescripteur ; un pharmacien ou un orthopédiste prend les mesures.
Bouger, surélever, rafraîchir
- Marcher chaque jour. La HAS rappelle que l'activité physique pendant la grossesse favorise le retour veineux des jambes et n'augmente pas les risques de la grossesse, sauf contre-indication posée par votre médecin ou votre sage-femme. L'Assurance Maladie conseille au moins vingt minutes de marche par jour contre les jambes lourdes.
- Éviter la station debout immobile, que la HAS déconseille explicitement pendant la grossesse. Au travail, bougez les chevilles, faites quelques pas régulièrement.
- Surélever les pieds du lit de 10 à 15 centimètres avec une cale, comme le propose l'Assurance Maladie, et garder les jambes allongées quand vous êtes assise.
- Terminer la douche par de l'eau fraîche sur les jambes, et éviter les bains très chauds, le soleil sur les jambes et les pièces surchauffées.
- La piscine, si votre grossesse le permet : la marche ou la nage dans l'eau associent le mouvement et l'effet de l'immersion.
Et pour dégonfler vite ?
Il n'existe pas de solution express. Le plus efficace à court terme est de vous allonger sur le côté, jambes surélevées, ou de passer un moment dans l'eau. Ne prenez aucun médicament diurétique, complément alimentaire ou tisane dite « drainante » sans l'avis de votre médecin, de votre sage-femme ou de votre pharmacien. Et si le gonflement est brutal, relisez l'encadré d'alerte : la rapidité est justement un signe à faire vérifier.
La pressothérapie pendant la grossesse
Nous n'avons trouvé aucune recommandation française sur la pressothérapie (bottes à air comprimé) chez la femme enceinte, ni d'essai qui en évalue la sécurité dans cette situation. Sans données, nous ne la conseillons pas sans l'accord explicite de votre médecin, et jamais en cas de doute sur une phlébite. Les différences entre les techniques sont détaillées dans notre comparatif pressothérapie ou drainage lymphatique.
Sources : Smyth et al., revue Cochrane CD001066, 19 octobre 2015 ; Saliba-Júnior et al., J Vasc Bras, 2022 ; Ameli, mémo LPP sur les orthèses élastiques de contention, 24 juillet 2025 ; Ameli, « Jambes lourdes et chevilles qui enflent : que faire au quotidien ? », 7 mai 2025 ; HAS, référentiel activité physique et grossesse, juillet 2019.
Drainage lymphatique après l'accouchement : post-partum et césarienne
Le gonflement des jambes ne disparaît pas toujours dès la naissance. Un drainage doux est possible une fois écartés les signes de phlébite et de prééclampsie du post-partum, deux complications qui peuvent survenir dans les semaines suivant la naissance. Après une césarienne, on attend l'accord de l'équipe médicale et on ne draine jamais une cicatrice qui n'est pas refermée.
Un risque de phlébite plus élevé
L'Assurance Maladie cite la période qui suit l'accouchement parmi les facteurs de risque de phlébite. Le CNGOF, dans ses recommandations sur le post-partum, estime le risque de thrombose veineuse (phlébite ou embolie pulmonaire) à environ 1 pour 1 000 après un accouchement par voie basse, et recommande après toute césarienne des bas anti-thrombose posés le jour de l'intervention et gardés au moins 7 jours, avec ou sans anticoagulant selon les facteurs de risque. Conséquence pratique : si l'on vous a prescrit des bas ou des injections, suivez la prescription jusqu'au bout, et considérez tout mollet douloureux d'un seul côté comme une urgence.
La prééclampsie peut survenir après la naissance
L'Assurance Maladie rappelle qu'une surveillance reste nécessaire, car une hypertension peut apparaître « même après l'accouchement, dans les semaines qui suivent ». Maux de tête, troubles visuels ou gonflement brutal du visage après la naissance justifient donc la même consultation en urgence que pendant la grossesse.
Après une césarienne
Le drainage des jambes peut se discuter dès que vous êtes autorisée à reprendre une activité normale ; le ventre et la zone de la cicatrice attendent que celle-ci soit refermée et que l'équipe qui vous a opérée donne son accord. Le travail sur la cicatrice elle-même, pour l'assouplir, fait partie de la rééducation du post-partum : notre guide de la rééducation périnéale après l'accouchement explique comment elle s'organise, et quand.
Pendant l'allaitement
L'Academy of Breastfeeding Medicine (2022) déconseille les massages profonds du sein allaitant et propose d'envisager un drainage lymphatique très léger en cas d'engorgement. Un sein rouge et douloureux, avec de la fièvre, relève d'abord de la sage-femme ou du médecin.
Retrouver sa silhouette ?
Le drainage ne fait pas perdre les kilos de la grossesse et ne remplace pas la reprise progressive d'une activité physique (voir drainage lymphatique, ventre et perte de poids et bienfaits et efficacité du drainage lymphatique).
Sources : CNGOF, recommandations pour la pratique clinique « Post-partum », 2015 ; Ameli, « Phlébite : définition et facteurs favorisants », 18 mars 2026 ; Ameli, pré-éclampsie, 24 juillet 2025 ; Mitchell et al., ABM Clinical Protocol #36, Breastfeed Med, 2022.
Le drainage lymphatique est-il remboursé pendant la grossesse ?
Non, pas pour la grossesse elle-même : les jambes lourdes et la rétention d'eau de la grossesse n'ouvrent aucun droit au remboursement d'un drainage, dont le tarif est alors libre et communiqué par le cabinet. Il n'est remboursé que si un médecin a diagnostiqué et prescrit un lymphœdème vrai ; à partir du 1er jour du 6e mois et jusqu'au 12e jour après l'accouchement, tous les actes remboursables sont alors pris en charge à 100 % par l'assurance maternité, sans franchise. Les bas de compression sont remboursés sur prescription.
Cotations, ordonnance et reste à charge sont détaillés dans notre guide du remboursement du drainage lymphatique, grossesse comprise.
Sources : NGAP, titre XIV, chapitre II, article 7, version en vigueur au 1er septembre 2026 ; Ameli, « Prise en charge des patients : maternité » (masseur-kinésithérapeute), 2 juillet 2025 ; Ameli, mémo LPP orthèses élastiques de contention, 24 juillet 2025.
Consulter un kinésithérapeute pour un drainage pendant ou après la grossesse
Parlez-en d'abord à votre médecin ou à votre sage-femme, puis choisissez un masseur-kinésithérapeute diplômé d'État qui pratique le drainage lymphatique manuel. Précisez dès la prise de rendez-vous que vous êtes enceinte, ou que vous avez accouché récemment, et à quel terme : la séance sera organisée en conséquence.
À Paris, le drainage lymphatique est proposé dans nos cabinets d'Oberkampf (11e), du Marais (3e) et d'Alésia (14e), où un kiné l'affiche parmi ses spécialités. Adresses, praticiens et déroulé de la prise en charge : voir notre page kinésithérapie et drainage lymphatique à Paris.
Vous habitez ailleurs en France ? L'annuaire santé de l'Assurance Maladie permet de trouver un masseur-kinésithérapeute près de chez vous ; demandez-lui s'il pratique le drainage lymphatique manuel et s'il reçoit des femmes enceintes.
Un drainage adapté à votre grossesse ?
Avec l'accord de votre médecin ou de votre sage-femme, prenez rendez-vous dans l'un de nos trois cabinets parisiens qui proposent le drainage lymphatique manuel. Signalez votre terme au moment de réserver.
Par téléphone : Oberkampf 01 80 91 92 79 · Marais 09 62 38 89 61 · Alésia 01 89 33 51 04
Nos autres guides sur le drainage lymphatique
- Drainage lymphatique : dangers, contre-indications et effets secondaires.
- Jambes lourdes et gonflées : ce que peut faire le kiné.
- Bienfaits et efficacité du drainage lymphatique : ce qui est prouvé.
- L'auto-drainage lymphatique : les gestes à faire chez soi.
- Remboursement, ordonnance et tarif du drainage lymphatique.
Avertissement médical : cet article est informatif et ne remplace ni l'avis de votre médecin ou de votre sage-femme, ni le bilan de votre kinésithérapeute. Pendant la grossesse et après l'accouchement, demandez leur accord avant tout drainage. Aucun soin ne garantit un résultat. En cas de signe d'alerte, consultez en urgence ou appelez le 15.
Questions fréquentes sur le drainage lymphatique pendant la grossesse
Les questions que les futures et jeunes mamans nous posent le plus souvent.
Oui, dans la plupart des grossesses qui se déroulent normalement, un drainage lymphatique manuel doux est possible, avec l'accord du médecin ou de la sage-femme qui suit la grossesse. Il faut d'abord écarter une prééclampsie ou une phlébite. Il peut soulager la sensation de jambes lourdes, mais aucune étude solide ne montre qu'il dégonfle mieux que les bas de compression, la marche ou la surélévation des jambes.
Pendant la grossesse, on évite toute manœuvre profonde sur le ventre, on ne masse jamais un mollet douloureux, chaud ou gonflé d'un seul côté avant un avis médical, et on n'appuie pas directement sur des varices marquées ni sur une peau lésée ou infectée. Dès le deuxième trimestre, la séance se fait sur le côté ou demi-assise plutôt qu'à plat sur le dos, et c'est impératif à partir de la 24e semaine d'aménorrhée.
Aucun texte officiel ne fixe de trimestre autorisé ou interdit. Le drainage a peu d'intérêt au premier trimestre, avant que l'utérus ne gêne le retour veineux, et sa sécurité n'y a pas été étudiée. Il peut être envisagé au deuxième et surtout au troisième trimestre, quand l'œdème s'installe, pour le confort et sans preuve qu'il dégonfle, avec l'accord du médecin ou de la sage-femme, une séance sur le côté ou demi-assise dès le deuxième trimestre et une vigilance vis-à-vis des signes de prééclampsie après 20 semaines.
Il n'existe pas de solution express. À court terme, allongez-vous sur le côté, jambes surélevées, ou passez un moment dans l'eau. Au quotidien, les bas de compression enfilés le matin, la marche, la surélévation des pieds du lit et l'eau fraîche sur les jambes sont les mesures les plus utiles. Ne prenez ni diurétique, ni complément, ni tisane drainante sans avis médical, et consultez en urgence si le gonflement est brutal ou touche le visage.
Non, pas pour la grossesse elle-même : les jambes lourdes et la rétention d'eau n'ouvrent aucun droit, et le tarif est alors libre, communiqué par le cabinet. Le drainage n'est remboursé que si un médecin a diagnostiqué et prescrit un lymphœdème vrai. Dans ce cas, du 1er jour du 6e mois au 12e jour après l'accouchement, l'assurance maternité le prend en charge à 100 %, sans franchise. Les bas de compression sont remboursés sur prescription.
Aucune recommandation française ne traite de la pressothérapie pendant la grossesse, et sa sécurité n'a pas été évaluée dans cette situation. Par prudence, elle ne se pratique pas sans l'accord explicite du médecin, et jamais en cas de doute sur une phlébite. Les bas de compression restent la mesure la mieux étayée contre le gonflement des jambes de la grossesse.
Un drainage doux des jambes est possible dès que les signes de phlébite et de prééclampsie du post-partum ont été écartés et que vous êtes autorisée à reprendre une activité normale. Après une césarienne, on attend l'accord de l'équipe médicale et on ne draine jamais une cicatrice qui n'est pas refermée. Un mollet douloureux d'un seul côté, des maux de tête ou un gonflement brutal du visage imposent de consulter en urgence.
Sources et mise à jour
Article publié le 30 septembre 2026. Sources vérifiées à cette date ; prochaine revérification prévue dans un an, ou plus tôt si une recommandation officielle paraît.
- HAS, « Prescription d'activité physique et sportive pendant la grossesse et en post-partum », référentiel, juillet 2019.
- HAS, « Grossesse : l'activité physique pour votre santé », fiche patiente, décembre 2022.
- CNGOF, recommandations pour la pratique clinique « Post-partum » (texte court), 2015.
- Ameli, « Circonstances de découverte, symptômes, diagnostic et évolution de la pré-éclampsie », mis à jour le 24 juillet 2025.
- Ameli, « Phlébite : définition et facteurs favorisants », mis à jour le 18 mars 2026, et « Phlébite : symptômes et diagnostic ».
- Ameli, « Jambes lourdes : symptômes, causes et facteurs favorisants », mis à jour le 18 mars 2026.
- Ameli, « Jambes lourdes et chevilles qui enflent : que faire au quotidien ? », mis à jour le 7 mai 2025.
- Ameli, « Traitement des varices des jambes », mis à jour le 16 mars 2026.
- Ameli, « Prise en charge des patients : maternité » (masseur-kinésithérapeute), 2 juillet 2025.
- Ameli, mémo « Orthèses élastiques de contention des membres » (LPP), mis à jour le 24 juillet 2025.
- Assurance Maladie, Nomenclature générale des actes professionnels (NGAP), titre XIV, article 7, version en vigueur au 1er septembre 2026.
- Smyth RMD, Aflaifel N, Bamigboye AA. « Interventions for varicose veins and leg oedema in pregnancy », revue Cochrane CD001066.pub3, 19 octobre 2015.
- Saliba-Júnior OA et al. « Positive perception and efficacy of compression stockings for prevention of lower limb edema in pregnant women », J Vasc Bras, 2022.
- de la Cueva-Reguera M et al. « Effectiveness of manual lymphatic drainage vs. perineal massage in secundigravida women with gestational oedema », Int Wound J, 2020.
- Krywko DM, King KC. « Aortocaval Compression Syndrome », StatPearls, 7 août 2023.
- NHS, « What you can do to reduce the risk of stillbirth » (position de sommeil sur le côté après 28 semaines), revu le 24 avril 2024.
- NHS, « Pre-eclampsia », revu le 23 mars 2026.
- Mitchell KB et al. « Academy of Breastfeeding Medicine Clinical Protocol #36 : The Mastitis Spectrum », Breastfeed Med, 2022.